lundi 12 juin 2017

Chronique pour Mélodie Eternelle par Marie-Nel Lit

A moins d'un mois de la ressorti de Mélodie Eternelle Nouvelle version :p
Je vous propose de découvrir un ancien avis d'une lectrice de la première heure !
Merci Marie-Nel Lit

Je ne veux pas trop en dévoiler, ce serait trop dommage. J'ai aimé chacun des personnages, aussi différents les uns des autres, mais si complémentaires. J'ai souvent ri en lisant leurs délires, leurs vacances, mais j'ai été vraiment très émue lorsque certains pans de la vie de Elena nous sont dévoilés. L'auteur a vraiment bien su retranscrire tous les sentiments. Lorsque j'ai crû que tout s'arrangeait enfin pour notre couple, et bien il fallait faire face à de nouveaux problèmes.

http://marienel-lit.over-blog.com/2016/08/melodie-eternelle-de-lily-ford.html?

Réédition de Mélodie Eternelle avec BONUS SUR SEB !

Je n'ai pas majé mon blog depuis un moment...Gomen !
Mais que dire, je suis actuellement en plein rush car mon bébé, mon coup de coeur écriture 2015 revient dans moins d'un mois :)
Et pour les lectures de la première heure, vous aurez droit à des bonus du point de vue de Seb !

Elle n'est pas belle cette nouvelle ? :)

Merci aux Editions Pandorica pour vous faire à nouveau découvrir l'aventure de Lena&Seb !

Partie 1 disponible le 5 juillet prochain : https://www.amazon.fr/Hate-me-M%C3%A9lodie-%C3%89ternelle-T1-ebook/dp/B07196DVXB/ref=sr_1_4?ie=UTF8&qid=1494351971&sr=8-4&keywords=lyly+ford

vendredi 28 avril 2017

Chronique de Livre sa vie pour "A la recherche de la Bonté"


Merci Pando pour cette jolie chronique :)

 Au fur et mesure que je lisais, j’ai découvert une autre manière de revivre ce qui allait se passer, j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à me plonger dans cette réécriture, c’est en plus un de mes contes préférés, une certaine appréhension m’avait gagné dans la lecture des premiers chapitres mais celle-ci s’est vite estompé. C’est à la fois rafraichissant et amusant de retrouver ce personnage présenté de façon différente. Certains passages sont très émouvants, je n’ai pas été loin de verser une larme, surement le côté sadique de l’auteure ! 

http://www.livresavie.com/a-la-recherche-de-la-bonte-de-lyly-ford/

lundi 10 avril 2017

Réécriture Royaume De Feanolis : Chapitre 1 - Tome 1 La cité d'Apsonia


Chapitre 1
            L’interminable journée d’école s’acheva dans un soupir général. Les deux amies quittèrent rapidement le bâtiment. Anna avait dans la tête une nouvelle lubie : manger une glace.
La perspective d’aller dans un lieu public était toujours une épreuve pour Ilyana, pourtant, elle ne pouvait rien refuser à Anna. Est-ce que tout le monde avait eu la même idée que sa meilleure amie ? Sans doute, oui.
           Une foule d’adolescents faisait déjà la queue chez le glacier, se prêtant à leur jeu favori : le choix des parfums.
—Anna, tu ne crois pas que…
Ilyana se tut lorsqu’elle remarqua déjà sa camarade dans la file d’attente. Elle soupira.
—Va réserver une table, s’exclama Anna.
Elle accepta volontiers. Les regards perçants de ses congénères lui donnaient des frissons. Son angoisse prit le dessus un bref instant puis les murmures et rires gras l’agacèrent et elle sentit ses yeux se réchauffer, prenant la couleur d’un brasier. Elle les dévisagea à tour de rôle, les imaginant prendre feu. Un sourire sardonique naquit sur ses lèvres.
—Ily !
La jeune fille sursauta et prit conscience de ses sombres pensées. Elle déglutit et fit demi-tour, cherchant une table à l’extérieur. Malheureusement, aucune n’était libre alors elle se cala derrière le bâtiment de brique et attendit qu’Anna sorte. Un groupe s’esclaffa non loin d’elle et elle s’empressa de mettre en marche son lecteur Mp3, ses écouteurs bien enfoncés dans les oreilles.
            Une dizaine de minutes plus tard, sa meilleure amie quittait la boutique et elle la rejoignit après avoir rangé son appareil.
—Mais tu étais où ?
Devant le peu d’éloquence d’Ilyana, Anna préféra lui donner son cornet, assorti de ses parfums préférés : menthe et chocolat. La jeune fille lui adressa un large sourire et Anna glissa sa main dans la sienne lui proposant d’aller au parc.
—Goudou, s’écria un garçon roux.
—T’es jaloux car j’ai « pécho » et pas toi, se moqua Anna.
Les amis du garçon pouffèrent et les deux filles en profitèrent pour partir.
—Tu as vu Emilie, elle doit encore être derrière tout ça.
Ilyana hocha la tête. Oui, Emilie était la pire des vipères du lycée, cela ne serait pas étonnant qu’elle soit l’instigatrice des continuelles brimades subies par Ilyana. Les deux camarades arrivèrent rapidement au parc. Celui-ci était déjà rempli de rires d’enfants, d’aboiements et Ilyana retrouva sa sérénité. C’était un vieux parc, les bancs avaient perdu de leur couleur, les buissons n’étaient pas toujours entretenus, pourtant Ilyana adorait ce lieu. Bien qu’elle ne retire jamais ses lunettes, elle baissait en revanche volontiers sa capuche, laissant ses cheveux d’ébène virevolter au gré du vent. Anna s’installa sur un banc et en profita pour observer Ilyana. Elle rayonnait littéralement dans la lumière du soleil. C’était une beauté sauvage, tout cela émanait uniquement d’elle. Anna remerciait chaque jour le ciel de lui avoir accordé l’amitié d’Ilyana. Elle était un être à part, un ange descendu sur Terre qu’elle s’était donné pour but de protéger, de guider afin de lui retirer ses chaînes. Elle se rappela son enfance, sa rencontre avec Ilyana. Elle pleurait car une fillette lui avait lancé du sable dans les yeux. Elle l’avait alors vu, ce petit papillon blessé, mais si beau et d’un geste, elle avait imposé sa place à ses côtés, poussant la vilaine gamine pour aider celle qui deviendrait son amie.
Elle avait croisé ses yeux magnifiques et sa vie avait basculé. Son univers avait un seul nom : Ilyana. Anna était tombée amoureuse dès la minute où ses iris dorés s’étaient posés sur elle. A ce moment précis, Ilyana était devenue son âme sœur. Anna avait une attirance pour les garçons, elle craquait même souvent sur les acteurs de séries. Elle voulait se marier et fonder une famille, comme Madame tout le monde. Pourtant, si elle devait choisir entre cette vie et Ilyana, elle choisirait son amie. Ilyana l’avait envoûtée. Sorcière ou non, peu importe ! Son destin était lié au sien.

            Ce fut lorsque le soleil disparut dans le ciel que les amies arrivèrent dans la rue adjacente à celle d’Ilyana. La bonne humeur contagieuse d’Anna avait permis à la jeune fille de retirer ses lunettes et sa capuche. Elles se séparèrent sur le perron. Granny l’accueillit avec un froncement de sourcil.
—Ilyana, tu as un portable pour l’amour de Dieu !
Elle s’excusa et la vieille femme se calma, l’invitant à se restaurer.

—Tu as passé une bonne journée ?
Ilyana posa sa fourchette et grimaça en opinant du chef.
—Des problèmes ?
Elle observa sa grand-mère et sentit une boule se former dans sa gorge. Elle n’osait jamais lui parler de tout ce qu’elle vivait au quotidien et préféra formuler un mensonge éhonté.
—Un contrôle raté.
La femme ne la lâcha pas des yeux et Ilyana feignit soudain un intérêt profond pour son blanc de poulet.
—Ilyana, ma chérie, tu sais que…
—Ça va. Granny, je sais que je suis différente… Et que tu t’inquiètes pour moi, mais je t’assure, tout va bien.
Elle inclina la tête, en souriant.
—Tu me rappelles ta mère. Elle était si brave, si…
—Parle-moi de mes parents, Granny, quémanda l’adolescente, les yeux brillants.
La vieille dame grimaça.
—Ta mère était…
—Non, pas maman. Tu m’en parles si souvent, je sais que c’était ta fille. Mais, mon père, comment était-il ?
L’attitude de sa grand-mère changea subitement et elle rétorqua en se levant pour ranger le plat :
—Il était… Oh Ilyana, on peut en parler demain ?
—Mais…
—Je suis fatiguée, s’il-te-plaît, mon enfant, ajouta-t-elle en posant le dessert sur la table.
—Tu ne l’aimais pas, n’est-ce pas ?
Granny soupira mais secoua la tête.
—Il avait ses défauts, ses convictions… Mais tu étais tout pour lui.
Ilyana cligna des yeux, surprise et Granny en profita pour lui demander son assiette.
—J’ai fait une île flottante, dit-elle, souriante.
La conversation s’arrêta avec le dessert. Ilyana aida sa grand-mère à débarrasser puis monta dans sa chambre faire ses devoirs.
La jeune fille soupira en s’allongeant sur son lit. Elle détestait vraiment les mathématiques. Elle resta à fixer son plafond un instant puis se remit à ses études. Les cours l’ennuyaient, elle était brillante et faisait tout pour avoir de bons résultats car grâce à cela, elle avait pour objectif de demander une bourse à l’étranger. Ilyana voulait quitter le pays, partir loin dans un endroit où personne ne la jugerait pour sa différence.
Il devait bien y avoir un lieu comme cela, où elle serait enfin libre…
Une larme quitta sa joue et elle l’essuya. L’inconnu la terrifiait, mais elle n’imaginait pas finir ses jours ici. Ses yeux prirent la couleur du cristal, brillant d’une intensité folle.
—Y a-t-il vraiment une place pour moi dans ce monde ?
Elle en doutait et parfois, elle enviait les aveugles, ne plus les voir, ne plus ressentir leur haine, leur dégoût à chaque coup d’œil… Bientôt seize ans et elle était déjà épuisée de la vie, de cette vie. D’un geste, elle pourrait se séparer de son problème, mais elle était incapable de se mutiler et puis, à quoi bon ? Le mal était déjà fait et cela ne ferait qu’empirer si elle commettait l’irréparable…
Ilyana ferma les yeux et laissa son esprit vagabonder dans les limbes…
Allait-elle revoir la lumière ? Ses rêves étaient si vivaces depuis six mois. Enfant, elle se souvenait de cette lueur, mais alors une personne l’en écartait. Etait-ce sa mère ? Sans doute. Elle n’avait jamais vu son visage. Il n’y avait aucune photo d’elle dans la maison. Granny devait sans doute trouver cela plus simple pour faire son deuil. Elle lui en voulait un peu de la priver de l’image de sa mère. Elle lui disait souvent qu’elle lui ressemblait. Ilyana connaissait juste son prénom : Samiya.
Avait-elle le même handicap ? Non, impossible, sa mère était quelqu’un de normal, c’était certain.

Je sens la pluie sur mon visage alors que mes yeux s’ouvrent lentement. Je fixe l’horizon, souriante. Je suis de retour dans cette forêt. Je ris puis danse sous le manteau d’eau, ma robe me colle à la peau. Je n’en n’ai cure. Les gouttes tombent sur moi, je perçois juste le clapotis de mes pieds nus sur l’herbe mouillée. Je me sens libérée, rassérénée. La pluie disparaît soudain, le soleil monte au zénith et une voix murmure mon prénom :
—Ilyana.
Je fais volte-face et la remarque au lointain, la lueur, MA lueur.
—J’arrive ! Ouvre-moi ton monde, je t’en prie, supplié-je, en faisant un pas.
Je suis obligée de fermer mes paupières tant la clarté est intense et j’avance à l’aveugle. La voix crée une douce mélopée à mes oreilles et malgré l’obscurité qui m’engloutit, je distingue clairement le chemin.
 —On se connaît, toi et moi, pas vrai ?
L’éclat m’enveloppe de ses rayons et mon corps frissonnant se réchauffe. Mon cœur bat la chamade, je tente d’ouvrir les yeux mais renonce rapidement. J’avance plus vite, avec précipitation. Cependant, mes pieds se font lourds et j’ai du mal à continuer. J’ai beau lutter, ils sont rivés au sol, s’enfonçant progressivement dans la terre.
—Ilyana…
Le vent s’abat sur moi, me frappe au visage. La plaie refait son apparition. Le souffle me glace, je suis gelée. Mon corps perd toute vivacité et je glisse à genoux, incapable du moindre mouvement. Je fixe la lumière devant moi. Son intensité s’est réduite de moitié.
—Pitié, laissez-moi tranquille !
Une nouvelle bourrasque me gifle et le sang se répand sur ma joue. Mes prunelles ne lâchent plus la lueur. Impuissante, je sens mes iris devenir plus sombres et mon corps s’emplit à nouveau d’une douce chaleur. Mes membres se libèrent. Je rampe dans la boue, la rage au cœur. L’arbre devant moi tangue et j’ai à peine le temps de voir la branche qui s’abat sur ma tête. L’obscurité m’envahit.

Ilyana ouvrit les yeux et observa son lit au-dessus d’elle. Elle était tombée du matelas, sur le sol. Elle se massa le crâne et fronça les sourcils. Sa main rencontra des mèches mouillées… La jeune fille se releva d’un bond et fila vers la salle de bain. Son regard accrocha le reflet dans le miroir. Sa joue saignait un peu, ses cheveux étaient trempés. Ses iris prirent une teinte dorée alors qu’elle passait inlassablement les doigts dans ses boucles brunes… La forêt, la lueur, tout cela était réel !
Le tonnerre retentit. Ilyana quitta la pièce pour aller à la fenêtre. Il pleuvait.
—Impossible, j’étais dans ma chambre, s’exclama-t-elle, choquée.
Elle courut à nouveau vers le miroir.
—S’il-te-plaît, dis-moi que je n’ai pas rêvé !

Ilyana se sentit soudain comme hypnotisée par ses yeux dorés et son corps se figea lorsqu’elle entendit un chuchotement semblant provenir de la glace. Elle tendit le bras et lorsque ses doigts touchèrent son reflet, le miroir se brisa en deux. Elle sursauta et fit un pas en arrière. Une jeune fille identique, vêtue d’une robe blanche, mais aux yeux couleur d’encre lui faisait à présent face. Elle lui adressa un sourire et posa un doigt contre ses lèvres avant de s’évaporer. Le miroir était de nouveau intact et Ilyana reconnut son débardeur et son jean. Elle déglutit, secoua la tête et retourna dans son lit. Elle devait être si fatiguée que son esprit lui jouait des tours.


lundi 13 mars 2017

Chronique LoveReadAndBooks pour Mélodie Eternelle

Il y a un petit moment que je n'avais pas partagé d'avis sur Mélodie :)
Chose faite !
Merci LoveReadandbooks pour sa chronique !

Une romance à la fois douce et dure, Lyly nous raconte là une histoire d'amour telle qu'elle pourrait l'être dans la vie réelle, des hauts, mais aussi des bas. C'est une histoire qui ne peut pas laisser indifférente et que je recommande donc vivement. 
http://lovereadandbooks62.blogspot.fr/2016/08/chronique-135-melodie-eternelle-de-lyly.html#more

mardi 21 février 2017

Chronique Les rebelles Webzine pour "A la recherche de la bonté"

Merci à CocoMilady pour son avis sur mon roman :)

Le conte de la "Belle et la Bête" joliment revisité.


Dans cette nouvelle, on suit les aventures de Belle, une jeune bibliothécaire blogueuse qui se voit obligée d'écrire la biographie d'un héritier qu'elle exècre pour éviter la prison à son père. Au début récalcitrante et écoeurée par cet homme imbu de lui-même et égoïste, elle va peu à peu découvrir qui il est vraiment...

L'histoire en elle-même n'est pas super originale puisqu'il s'agit d'un conte revisité, mais elle est agréable à lire et l'on apprend à apprécier les deux protagonistes au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue. Au final, j'ai passé un bon moment et je trouve le format court parfait pour une histoire que l'on connaît déjà car ainsi, on ne s'ennuie pas.

Pour conclure : une jolie histoire si l'on a besoin de s'évader un court instant.

jeudi 2 février 2017

Prologue Nouvelle version : Royaume de Feanolis - Tome 1 la Cité d'Apsonia


Prologue
           Je tournoie sur moi-même en riant aux éclats, des flocons tombent sur moi m’enveloppant d’un manteau blanc. Je n’ai pas froid.
Suis-je en train de rêver ? Probablement.
Pieds nus, je marche sur le sol enneigé. Des brins d’herbe gelés glissent sous mes orteils. Je sens les rayons de la lune qui me réchauffe.
—Ilyana ?
C’est un murmure que je perçois dans la nuit noire. Qui m’appelle ?
Une bourrasque me frappe au visage. Brusquement, d’épaisses boules blanches et tranchantes m’encerclent, je suis gelée et le sang glisse sur mes avant-bras. Je supplie mère nature pour que cela s’arrête, tentant faiblement de me protéger de mes mains. Les épines insidieuses griffent, déchirent ma peau.
—Ilyana ?
C’est le souffle du vent qui me parle, me guide et me libère de ce cauchemar. Les perles glacées tourbillonnent autour de moi, me caressant. Je ne suis plus leur prisonnière.
—Ilyana ?
La voix devient plus forte. Je fais volte-face, mon regard s’attardant sur une lueur. Elle brille, elle m’éblouit, mais aussi m’attire irrésistiblement…
La main tendue en avant, je progresse à pas feutrés vers ce halo de lumière. Cet endroit m’est si familier, c’est étrange, mais je le sais, je le ressens : cet éclat est mon salut.
La neige forme un tapis blanc sur lequel je pose mes pieds. Elle aussi, elle sait que mon destin est lié à cette lueur. Elle m’indique à sa façon le chemin. Je ne marche plus, je flotte comme aspirée vers cette étincelle lumineuse. Je peux presque la toucher car malgré la distance qui nous sépare, mon âme lui appartient déjà. Il ne manque plus que mon corps pour établir le contact final.
—Ilyana.
—J’arrive, répondé-je à son appel désespéré.
Comme pour m’encourager, elle brille avec plus d’insistance. La délivrance est à ma portée, la distance a miraculeusement disparu entre nous. Je tends le bras et….

DRIIINNNGGGGG

Ilyana cacha sa tête dans l’oreille en marmonnant.
—Ilyana, ma chérie, c’est l’heure !
La dure réalité la frappa à nouveau. Ce n’était qu’un rêve. Non, pardon, CE rêve ! Il la hantait si souvent ces derniers temps.
La jeune fille se redressa et fixa ses mains. Elle avait encore l’impression de ressentir la chaleur produite par cet éclat. Elle secoua la tête, elle était encore endormie, voilà tout.
Ilyana partit se préparer, elle ouvrit sa commode et sortit ses habituels vêtements : un sweat à capuche et un jean. Elle soupira, souhaitant se recoucher et appréhendant déjà la journée à venir.
—Et c’est reparti pour un tour…

Ilyana prit tout son temps, mais fut rappelée à l’ordre par une voix à l’étage inférieur.
Elle descendit le long escalier de chêne et sauta les deux dernières marches. Une habitude qu’elle avait prise.
—Tu vas arriver en retard un de ces matins, ma chérie.
La jeune lycéenne leva la tête vers sa grand-mère. L’usuel sermon ! Une routine qu’elle entendait chaque jour avant de partir. Elle ne dit mot, se servit un bol de lait et des tartines qu’elle mangea en silence. Toutefois, elle sentait le regard de la vieille femme sur elle, la scrutant. Elle soupira.
—Granny, ce serait sympa ! Imagine un peu : un jour, un retard et l’autre, je suis à l’heure ! Il faut casser la routine, tu le dis toi-même.
Elle analysa l’expression de sa grand-mère puis ajouta :
—Ma vie serait plus intéressante ainsi…
Granny s’approcha et repoussa une mèche de son visage. Une douleur pointa dans la poitrine de l’adolescente.
—Tu as beaucoup d’années devant toi, Ilyana. Tu es libre de choisir, ne l’oublie pas.
Parfois, lorsque sa grand-mère lui parlait, Ilyana avait la sensation qu’elle lui délivrait un autre message. Cependant, elle n’avait jamais osé la questionner sur le sujet. La jeune fille lui adressa un simple sourire, l’embrassa et termina son petit-déjeuner.
Granny se mit à lui raconter les nouveaux cancans du quartier. La vieille femme était tout ce qu’il lui restait. Ses parents étaient morts dans un accident de la route alors qu’elle n’était qu’un bébé. Granny l’avait élevée comme sa fille. Ilyana l’aimait plus que tout, pourtant elle ne pouvait se résoudre à lui faire pleinement confiance. Elle sentait qu’elle lui cachait quelque chose. Et puis, malgré tout l’amour que lui portait sa grand-mère, Ilyana aurait souhaité mourir avec ses parents. Elle, si différente…

La jeune fille regarda le soleil éclatant, il brillait avec intensité. Elle sortit ses indispensables lunettes noires. L’accessoire, sa seule protection, faisait presque partie d’elle. Elle les plaça sur son nez puis rabattit la capuche de son sweat. Lui aussi la préservait…
Elle monta dans le bus, la boule au ventre.
Comme toujours alors qu’elle franchissait les portes, chaque lycéen la dévisagea. Elle passa sa carte sur le lecteur et hésita à dire « bonjour » au conducteur. Il semblait aussi terrifié que les autres. Les « autres », ses semblables, paraît-il…
Un rictus apparut sur ses lèvres alors qu’elle s’éloignait dans le fond. Tout le monde s’écarta  sur son passage. Ils l’observaient avec effroi pour la plupart, mais dès qu’elle les dépassait, elle les entendait. Elle percevait leurs mots si durs…
Enfant, ils l’avaient blessée plus que de raison. Elle, si innocente de nature, désirant simplement se faire des amis… Aujourd’hui, la plaie dans son cœur avait cicatrisé, mais cela ne l’empêchait pas de ressentir un léger pincement lorsque commentaires et autres brimades parvenaient à ses oreilles…
—Ilyyyy !
Son expression se métamorphosa. Oubliées les paroles acerbes des badauds, seule la main folle d’Anna, sa meilleure amie, avait désormais de l’importance. Elle était son unique amie. Parfois, elle se demandait pourquoi Anna l’avait choisie, elle…
Ilyana lui adressa un signe de la main avant de la rejoindre à leurs places habituelles.
—Il fait beau, tu ne trouves pas ? s’exclama son amie, enjouée.
—Comme chaque jour, Anna…Comme chaque jour.
—Pff, rabat-joie !
Elle lui donna une pichenette sur le front et ajouta :
—A croire que tu souhaiterais la pluie !
—Pluie, neige, vent ! Peu m’importe tant que cela détourne leur attention de moi.
Ilyana sentait encore leurs regards pesants sur elle et cela l’oppressa…
Elle enfonça un peu plus la capuche sur son crâne. Combien de fois l’avaient-ils traitée de sorcière ? Croyaient-ils vraiment qu’elle pouvait leur jeter un sort ?
—En te cachant, tu attires davantage l’attention, Ily !
Anna ponctua son affirmation en lui découvrant la tête. Ilyana la réprimanda avant de remettre sa capuche en place. Bien évidemment, cet intermède n’échappa pas aux autres occupants du bus et Ilyana maudit son amie en silence. Un bref instant, du moins, on ne pouvait jamais en vouloir éternellement à Anna. La jeune fille pinça les lèvres et posa une main sur la sienne. Ilyana leva les yeux vers elle, Anna sourit puis sans crier gare, lui retira ses lunettes. La lycéenne observa intensément la jeune fille.
—Oh, Ily, tu es si jolie. Tu n’es pas différente de nous, de moi, assura-t-elle, bouleversée.
—Mais je le suis, Anna.
Ses yeux se firent plus sombres et sa camarade n’esquissa aucun mouvement quand elle lui reprit ses lunettes.
—Pas pour moi, dit-elle dans un murmure, sa main pressant la sienne.
Ilyana serra ses doigts et Anna afficha une mine plus réjouie. Cela la réconforta et elle commença à lui raconter son week-end.
La jeune fille s’efforça de l’écouter. Anna était si différente d’elle, si parfaite, si belle, si normale…
Elle était petite mais bien proportionnée. Son visage ressemblait à celui d’une poupée de cire, les joues bien rouges et quelques taches de rousseur sur son nez fin. Sa chevelure flamboyante était aussi ardente que l’étincelle dans ses iris. Anna était son arc-en-ciel sous un ciel gris, une mélodie couvrant le tonnerre, un flocon duveteux dans la tempête de neige. Elle l’aimait plus que tout, néanmoins, elle l’enviait d’être si libre…
Ilyana était l’opposé de la jeune rouquine : très grande pour son âge, de longs cheveux d’un noir de jais. Pas étonnant avec un tel physique que tout le monde la voie comme une sorcière… Sa différence n’aidait pas non plus. Anna l’adorait, la lui enviait, et Ilyana la lui aurait volontiers cédée.
                   Peut-être que sans cette aberration, ils l’auraient considérée comme un être humain ? Elle était certaine que même Quasimodo et sa difformité n’avaient pas ressenti cela…

Le bus s’arrêta et Anna s’emparait déjà de la main d’Ilyana, l’entraînant presque en courant en direction du lycée. Elle manqua de trébucher, mais se rattrapa. Hors de question de se donner à nouveau en spectacle !
Sa meilleure amie poussa la porte des toilettes des filles. Par chance, la pièce était vide. Ilyana souffla un bon coup. Les endroits clos la sécurisaient bien plus que le véhicule scolaire. Elle n’empêcha pas Anna de lui retirer ses lunettes de soleil, cette fois.
La luminosité éblouit la jeune fille qui porta une main en visière sur son front. Anna ne la laissa pas agir bien longtemps et l’écarta sans ménagement. La lycéenne poussa Ilyana face au miroir et déclara, souriante :
—Ose le nier, Ily, mais tu es belle.
Elle ne dit rien, trop habituée au « rituel » de sa camarade. Anna espérait à la longue que cela la libèrerait… C’était impossible. Ilyana s’observa dans la glace et les vit. Ses yeux si anormaux, sa différence qui causait tant de peur aux autres, et tant de chagrin pour elle…
Comment de simples iris pouvaient-ils être la source de tant de peine ? Pourquoi tout le monde devait-il fuir face à elle ?
—Oh, Ily, comme je t’envie.
Anna avait murmuré ces mots si douloureux à ses oreilles. L’envier ? Elle ne la comprendrait jamais. Son amie s’installa sur le rebord du lavabo et la fixa de ses yeux pétillants d’admiration. Ilyana passa une main sur son visage.
Parfois, elle avait la sensation que le miroir la regardait avec des yeux envoûtants, si effrayants.
—Couleur océan, waouh ! s’exclama Anna.
Elle soupira.
—Non, Ily, pas le gris ! Allez, souris un peu.
Elle tourna la tête vers Anna et ses yeux si beaux la rassérénèrent. Elle sentit alors les siens prendre une autre couleur.
—Doré.
Ilyana opina du chef et Anna éclata de rire, parlant de la valeur de ces iris et combien on voudrait les acheter sur eBay ! Même si l’idée était invraisemblable, elle l’écouta, le cœur réchauffé.
Anna était la seule qui pouvait la regarder ainsi, avec tendresse et adoration. Pendant ce court laps de temps, elle se sentait comme quelqu’un de normal.
Le jeu des couleurs perdura. Anna usa de stratagèmes permettant à Ilyana de ressentir diverses émotions. La colère les rendait rouges ou noirs, au calme c’était le vert qui prédominait. Ses états d’âmes étaient la cause des changements constants dans son regard.
Granny disait que c’était un don de Dieu. Il avait une drôle de façon de la « choyer », elle voyait plus cela comme une punition.
Etait-ce son fardeau car elle avait survécu à ses parents ? Les gens parlaient beaucoup de ce drame et selon eux, elle était la sorcière, celle qui avait jeté le mauvais sort sur son propre sang. Le sourire d’Anna disparut car ses iris avaient viré au blanc. Ses yeux avaient dû disparaître à ce moment précis, se fondant dans la couleur laiteuse de la sclérotique. Ilyana détestait blesser Anna, elle secoua la tête et une teinte grisâtre reprit place. Elle ne pouvait pas faire mieux, la douleur était trop présente.
—Rends-moi mes lunettes, Anna, s’il-te-plaît, quémanda-t-elle, en détournant son regard du miroir.
Son amie s’exécuta à regret. Ilyana n’avait pas d’autre alternative, c’était sa seule protection face au monde cruel. Les deux jeunes filles sortirent des sanitaires pour se rendre en cours.
Depuis leur rencontre, alors qu’elles avaient à peine six ans, Anna n’avait jamais quitté Ilyana. 
Bientôt dix ans d’amitié, pensa-t-elle, souriante.
Bizarrement, Anna s’était toujours retrouvée avec elle en classe. Elle se doutait bien que sa mère qu’elle ne connaissait pas beaucoup avait surement aidé dans cette initiative. Est-ce que le directeur avait accepté de peur qu’elle ne lui jette un sort ? Un fou rire s’empara d’Ilyana. Anna l’observa, étonnée. Elles entrèrent dans la salle de Monsieur Michel, le professeur d’Histoire. Il les salua avant de se détourner vers son tableau. Il avait peur d’Ilyana, comme tout le monde d’ailleurs.
Les deux lycéennes s’installèrent comme à l’accoutumée dans le fond. Anna donna brusquement un coup de coude à son amie et Ilyana leva les yeux vers lui : Patrick Lomal, beau capitaine de l’équipe de foot, premier de la classe. Il lui souriait comme chaque matin et son cœur fit une embardée. Depuis son entrée en seconde, Patrick lui avait souri chaque jour. Elle n’avait jamais retourné son geste. Elle ne la pouvait pas. Le regard perçant de sa voisine et petite-amie Emilie lui rappelait clairement qu’il était sa « propriété privée ». Elle enserra d’ailleurs son bras et Patrick reporta son attention sur elle. Ilyana remercia ses lunettes car son regard avait changé et elle n’aurait pas supporté de lire la terreur sur le visage de ses camarades.
Le cours commença mais Ilyana n’écoutait pas. Ses pensées revenaient irrémédiablement sur son fardeau. Elle n’avait trouvé qu’une solution possible à ce mystère : elle n’était pas de ce monde.
Pendant son enfance, elle avait imaginé un pays où tout le monde aurait cette modification sur le visage et où elle pourrait pleinement s’épanouir, sans crainte. Hélas, elle était une adolescente et les fables n’existaient pas, tout comme ce monde imaginaire si beau.

Pourtant, elle voulait encore y croire et ce rêve, n’était-il pas la réponse à ses questions ? Si seulement elle parvenait à atteindre cette lumière…